Prendre les choses en main
pour faire de
l’éducation une
PRIORITÉ
Travailler main
dans la main pour
la persévérance
scolaire et la
réussite éducative
Pour ce faire, le gouvernement doit prendre
les choses en main et être à l’écoute
des différents intervenants du milieu de
l’éducation.
Le ministre de l’Éducation a annoncé
qu’il souhaitait une mobilisation en ce
sens. Nous espérons que cette volonté
se concrétisera rapidement et que le
gouvernement se dotera enfin d’une vision
globale de l’éducation.
L’éducation doit être
la grande priorité
du Québec.
La politique qui en découlera rassurera les
milieux scolaires sur la stabilité des actions
gouvernementales en matière de réussite
éducative et de persévérance scolaire.
Une politique nationale de l’éducation
devrait prendre en considération tout le
continuum d’éducation et de formation, de
la petite enfance à l’enseignement supérieur.
À la CSQ, nous sommes d’avis que
le gouvernement doit prendre
les choses en main pour faire de
l’éducation une véritable priorité.
Prendre les choses
en main :
Améliorer les conditions de
vie pour accroître la réussite
et la persévérance
Nous devons :
Agir tant sur les conditions de vie que
sur les conditions d’apprentissage.
Considérer la réussite et la
persévérance comme des enjeux
sociaux qui concernent tout le
monde : élèves, parents, personnel de
l’éducation, employeurs, organismes
communautaires, instances
gouvernementales.
Soutenir les familles dès la petite
enfance, notamment en finançant
adéquatement le réseau public des
centres de la petite enfance (CPE) et
de services de garde en milieu familial
subventionnés ainsi que les services de
garde en milieu scolaire.
Un projet ambitieux
pour l’éducation
au Québec
Mettre le doigt
sur le problème :
Les inégalités
Chaque enfant devrait avoir une
chance égale d’écrire son avenir,
peu importe son âge, sa condition
sociale et ses caractéristiques. Or il
existe encore plusieurs inégalités, tant
sociales qu’économiques, qui ont une
incidence sur la réussite des élèves
au Québec.
Augmenter les services d’éducation
des adultes et les services
d’alphabétisation pour rejoindre
les personnes sans diplôme et leur
permettre d’occuper une place à part
entière dans la société.
Faciliter l’accès à la formation
professionnelle et permettre une
fluidité vers les études supérieures.
Rappelons que 19 % des
Québécoises et Québécois sont
analphabètes et que 34,3 %
éprouvent de grandes difficultés
de lecture.
1
Favoriser le développement de
politiques sociales et économiques
progressistes, notamment par des
mesures en emploi, en logement et
en santé, et avec la mise en place de
programmes de soutien alimentaire
dans les écoles en milieu défavorisé.
Des orientations
prioritaires pour une
éducation de qualité
Assurer une organisation centralisée
de ces services afin d’en garantir la
répartition équitable et la cohérence.
Revoir les balises de l’intégration
des élèves en difficulté pour mieux
répondre aux besoins de chaque élève.
Parmi les élèves HDAA, 46,8 %
quitteront l’école avant d’avoir
obtenu un premier diplôme,
et ce sont 45,7 % des élèves
commençant le secondaire avec
un retard qui décrocheront.
4
Définir la contrainte excessive qui
peut porter atteinte au contexte
d’apprentissage de la classe, et en
tenir compte lors de l’intégration
d’un élève.
Offrir la maternelle 4 ans temps plein
en milieu défavorisé comme service
éducatif complémentaire à ceux qui
existent déjà, tel que le réseau public
des services de garde.
Miser sur le développement des
habiletés en lecture : dépister
rapidement les difficultés et apporter
les services professionnels nécessaires.
Assurer l’accès à une démarche
d’orientation pour favoriser la
persévérance scolaire.
Renforcer le service d’animation
Passe-Partout qui s’adresse aux
familles de milieu défavorisé et qui
vise le développement des habiletés
parentales.
Mettre le doigt
sur le problème :
Augmentation de
la concurrence entre
les établissements
d’enseignement
Depuis plusieurs années, un modèle
basé sur la concurrence s’est mis en
place au sein du système d’éducation.
En raison de la concurrence que se
livrent les écoles privées et publiques
pour attirer les bons élèves, les
projets pédagogiques particuliers
qui sélectionnent les élèves sur la
base de leur performance scolaire
se sont multipliés dans les écoles
publiques. Parallèlement, on a
poursuivi l’intégration dans la classe
régulière des élèves HDAA sans les
ressources professionnelles et de
soutien nécessaires.
Ces pratiques peuvent avoir un
effet important sur la composition
des établissements et de la classe
régulière, excluant certains jeunes de
programmes qui pourraient répondre
à leurs champs d’intérêt et leur donner
une motivation supplémentaire pour
leurs études.
Mettre le doigt
sur le problème :
L’obtention d’un premier
diplôme est hors d’atteinte
pour certains élèves
Le système d’éducation a pour
mission d’offrir une formation
de base riche à toutes et tous,
qui permet de s’épanouir et de
participer pleinement à la société.
Malheureusement, l’obtention d’un
premier diplôme est hors d’atteinte
pour certains élèves. Plusieurs
sont des jeunes qui présentent des
vulnérabilités, souvent dès le début
du parcours scolaire et, en raison
du manque cruel de ressources, ne
reçoivent pas les services adéquats ;
en conséquence, ils ne peuvent
obtenir un premier diplôme.
Prendre les choses
en main :
Assurer de meilleures
conditions d’apprentissage
et de réussite pour toutes
et tous
Nous devons :
Rendre disponible des services
professionnels et de soutien de qualité
et en quantité suffisante.
Alors que la proportion d’élèves
HDAA
2
au secteur public était de
12 % en 2001-2002, elle atteignait
21 % en 2015-2016.
3
1
FONDATION POUR L’ALPHABÉTISATION (2016). Fausses croyances,
(En ligne). (fondationalphabetisation.org/fondation/analphabetisme-les-causes/
fausses-croyances).
2
Élèves HDAA : élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage.
3
QUÉBEC. MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION,
DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE (2015). Études des
crédits 2015-2016, Québec.
4
QUÉBEC. MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET
DE LA RECHERCHE (2015). « Les décrocheurs annuels des écoles secondaires du
Québec. Qui sont les décrocheurs en fin de parcours ? Que leur manque-t-il pour
obtenir un diplôme ? », Bulletin statistique de l’éducation, (En ligne), n° 43 (mai),
24p. (education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/statistiques_info_
decisionnelle/BulletinStatistique43_f.pdf).
Sondage sur les enjeux en
éducation (2016)*
95 % sont en accord avec
l’affirmation que l’école doit chercher
à offrir des chances égales à tous.
91 % considèrent que les sommes
allouées à l’éducation sont un
investissement et non une dépense.
82 % se disent très préoccupés par
le fait qu’il n'y a pas suffisamment de
ressources professionnelles.
* Sondage CROP mené du 8 au 10 mars 2016 auprès
de 1 000 Québécoises et Québécois francophones
âgés de 18 ans et plus, joints via le Web.
Prendre les choses
en main :
Mettre fin à la
concurrence pour
privilégier la coopération
Nous devons :
Mettre en place les moyens nécessaires
pour rééquilibrer la composition des
établissements et des classes.
Abolir progressivement le financement
public de l’école privée en instaurant
un processus d’intégration des élèves
et du personnel au réseau public.
Encadrer la mise en œuvre des projets
particuliers dans le réseau public pour
garantir une plus grande mixité sociale
et scolaire au sein des écoles.
Prescrire un temps minimum
d’enseignement pour les
matières scolaires de base.
Mettre le doigt
sur le problème :
Les besoins sont grands
en éducation pour attirer et
retenir le personnel dans
le réseau
Pour attirer et retenir du personnel dans
le réseau, il faut valoriser son rôle et
rendre les emplois attrayants. Le travail
accompli par le personnel de l’éducation,
de la petite enfance à l’université, est
bien souvent sous-estimé, et le discours
à l’égard du système public d’éducation
est très sévère.
Des problèmes d’attraction existent
pour le personnel de l’éducation,
par exemple chez les psychologues
scolaires et les éducatrices et
éducateurs en service de garde, et
dans certains champs d’enseignement.
On note que 50 % des absences
du personnel scolaire seraient
engendrées par la dépression et
l’épuisement psychologique.
5
Chez le personnel enseignant,
l’importante lourdeur de la tâche, les
problèmes de plus en plus grands
chez les élèves et les ressources
insuffisantes pour accomplir son travail
sont au cœur de la problématique
d’épuisement professionnel et
d’abandon de la profession.
Du côté des enseignantes et
enseignants, pas moins de 22 %
de ceux qui travaillent au primaire
et au secondaire vivent un degré
d’épuisement élevé, et ce sont
31 % qui présentent un degré
d’épuisement moyen.
6
Prendre les choses
en main :
Améliorer les conditions
d’exercice pour une
éducation de qualité et
valoriser le travail du
personnel de l’éducation
Nous devons :
Associer étroitement le personnel aux
changements apportés en éducation
et tenir compte de son expérience.
Considérer les enseignantes et
enseignants comme de véritables
professionnels de l’action pédagogique
et reconnaître leur autonomie
professionnelle.
Reconnaître le personnel professionnel
et de soutien pour son expertise, dont
celle développée au contact des élèves
dans différents lieux et au cours de
diverses activités de la journée.
Mettre en place des solutions, notamment
contre la surcharge de travail, l’éclatement
des tâches et la précarité d’emploi, pour le
personnel de l’éducation.
Faire connaître davantage, auprès de
la population, le travail du personnel
de l’éducation et la diversité des
services offerts.
Miser sur l’expertise spécifique
développée par le personnel de
l’éducation plutôt que de recourir à la
sous-traitance.
5
« Travailleurs en éducation : l’absentéisme préoccupe »
(2011). Le Soleil, (En ligne) (10 janvier). (lapresse.ca/
le-soleil/actualites/education/201101/09/01-4358490-
travailleurs-en-education-labsenteisme-preoccupe.
php).
6
Selon l’étude de Pascal Doyon, réalisée en
collaboration avec le Syndicat de l’enseignement des
Vieilles-Forges, les principaux facteurs qui expliquent
cette situation sont le faible sentiment d’auto-efficacité,
la lourdeur de la tâche et les classes difficiles.
Faire des pieds et des mains
Le Québec moderne s’est donné
des objectifs ambitieux en matière
d’éducation ; malheureusement,
certains gouvernements s’en sont
lavé les mains.
Aujourd’hui plus que jamais, il faut
envoyer un message clair quant à
l’importance que nous accordons
à l’éducation à travers la vision
que nous nous en donnons et en y
consacrant les ressources nécessaires.
Pour qu’elle soit durable, cette
vision doit s’appuyer sur l’expertise
du personnel de l’éducation. C’est
incontournable.
Travaillons ensemble et faisons des
pieds et des mains pour que notre
système d’éducation public devienne
réellement une priorité au Québec.
lacsq.org
education.lacsq.org